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  • Photo du rédacteurLaura Tridoux

Anaïs : "Quand mon fils est né, j'ai fait une dépression post-partum"

Dernière mise à jour : 10 juin 2022

Anaïs, maman d'un petit garçon de 3 ans, revient dans cet article sur sa dépression post-partum. Témoignage.



"C'est un sujet assez intime mais j'avais envie de l'aborder car malheureusement c'est encore un sujet peu abordé. Aussi loin que je m'en souvienne j'ai toujours désiré être maman et très jeune l'envie m'est venue. Quand je suis tombée enceinte, un rêve se réalisait. J'avais tellement hâte d'avoir ce petit bébé dans nos bras.


Quand je regardais les jeunes mamans, ça avait l'air si magnifique et encore aujourd'hui sur les réseaux sociaux, c'est ce qui ressort le plus. N'avez-vous pas vous aussi entendu maintes et maintes fois et "Tu verras, c'est que du bonheur". Mais alors cette phrase, elle m'a hantée, je ne comprenais pas pourquoi, moi, ce n'était pas mon cas.


Je l'aimais ce bébé pourtant mais je me demandais ce que je venais de faire... Ce petit être venait s'interposer dans mon couple "si fusionnel", nous n'étions jusqu'ici que deux et nous avions la possibilité de vaquer à toutes nos occupations, loisirs quand bon nous semblait. Je croyais naïvement que ça serait toujours le cas avec un bébé, avec le bonheur en plus.


Au contraire c'était des pleurs toute la journée, du reflux difficile à détecter car intérieur, des coliques, des réveils toutes les deux heures la nuit (étant un petit poids, il fallait le réveiller pour qu'il grossisse, et le nourrir à la paille et aux doigts car c'était la seule manière pour ne pas qu'il s'endorme en mangeant), dans les bras H24 et sans moyen de portage car il n'en voulait pas, j'en ai essayé des écharpes et des portes bébé, mais rien y faisait.


J'avais l'impression de vivre un cauchemar alors que ça devait être les plus beaux moments de ma vie. J'avais tellement idéalisé la maternité, imaginé nager dans le bonheur.


Puis cette culpabilité qui ne cessait de grandir, car malgré tout je l'aimais et je l'aime plus que tout ce bébé, mon fils, je voulais faire au mieux pour lui.

Cette ambivalence de mère, je veux être avec lui et sans lui. J'avais juste l'impression que je n'allais jamais m'en sortir, que dorénavant ma vie c'était ça... être un zombie et ne rien savoir faire avec un petit bébé dans les bras H24, tirer mon lait dès que j'avais 5 mins, me laver mais ne pas avoir le temps de me sécher et j'en passe.


J'ai énormément pleuré, je ne mangeais plus, j'avais des idées noires et rien que la nuit qui arrivait m'angoissait à un point inimaginable.

Les voisins ne nous ont pas aidés non plus, nous ne pouvions pas gérer les pleurs du petit comme nous le voulions pour éviter de déranger les voisins qui dormait juste en dessous et qui nous le faisait bien remarquer.


Nous avons donc pris la décision de déménager et de nous faire aider en allant habiter chez mes parents le temps de trouver une maison.


J'avais honte de devoir me faire aider, nous n'étions pas capables tout seuls. Et ce sentiment reste encore aujourd'hui.


J'ai repris le travail après 3 mois à la maison et tout s'est finalement remis progressivement.


Nous sommes tombés sur un super pédiatre qui nous a écouté et qui a donné un traitement pour le reflux.


Dès lors ça été beaucoup mieux, les coliques sont parties progressivement et nous ne devions plus le réveiller la nuit pour le nourrir.


Grâce à l'aide de mes proches et de mon mari qui a été super courageux et qui a su avoir les mots, je m'en suis sortie. Ces moments marquent mais on finit par les oublier.


Mais si je vous écris tout ça, c'est surtout pour vous dire que si vous êtes dans cette situation, faites vous aider, n'ayez pas honte ! Vous n'êtes pas la seule dans ce cas, il y a d'autres mamans.

Faites vous aider par vos proches et si vous n'avez pas cette possibilité, il existe des aides, des psychologues, des psychiatres et puis surtout ça ne dure pas. Les bébés nous poussent dans nos plus grands retranchements.


Devenir mère ce n'est donc pas toujours simple et ce n'est donc pas toujours "Que du bonheur" !

Anaïs, @evasicacosmetiques


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